Des erreurs de la vie

Je me sens nue

pourtant je ne suis pas dévêtue

je me sens seule

c’est sûrement à cause de cet immense linceul

déployé sur le devant de la scène

de cette manière si obscène

alors on cherche désespéramment

quelques sentiments

qui nous mettraient à l’abri

des erreurs de la vie

Je ne suis plus aux abois

J’étais prête à te donner ma vie

mais tu m’as tourné le dos

alors à la desperado

je survis

J’étais prête à te livrer mon âme

à m’offrir à toi comme femme

tu ne m’as pas laissé ce choix

tu as pris une autre voie

Tu es très loin de moi

je suis seule avec moi

je ne veux plus de toi

je ne suis plus aux abois

Mon choix

J’ai presque tout oublié

tout sauf cette histoire gâchée

quelques mensonges à la volée

une histoire dérobée

tu es parti un soir

en me laissant l’espoir

de te revoir

tu n’es pas revenu sur tes pas

et avec pertes et fracas

j’en ai payé les dégâts

cinq années à errer

perdue dans mes pensées

j’ai prié bien des fois

telle une femme aux abois

renoncé bien à toi

tel fut finalement mon choix

Ravagée

je me souviens de ton visage

qui me laisse comme un présage

à l’aube de ma vie nouvelle

il n’y arien de plus réel

que ton corps sur mon corps

dans ce passé d’alors

je veux me souvenir de toi car aujourd’hui plus d’émoi

dans ma vie ravagée

par notre union avortée

Dans le noir

Quand je marche dans le noir

je lorgne l’espoir

de te retrouver

pour ne plus éprouver

de peine

ni de haine

A toi si longtemps aimé

je dédicace cette chanson

car ensemble nous avons

des déserts traversés

MON METIER DE CPE ME SAUVE LA VIE

Tous les jours des visages parfois semblables à ceux d’hier, parfois différents.
Tous les jours des histoires, jamais les mêmes qu’avant,

ils sont touchants et si souvent déchirants.

Souvent même on n’imagine même pas le degré ultime de leur souffrance intérieure.

Quand on arrive à l’appréhender on se dit « à côté de quoi on est passé ? »

C’est si facile de les voir jeunes et beaux, en réalité ils ont déjà vieilli et ils sont terriblement angoissés.

Cependant un souffle d’espoir les maintient en vie. Un souffle qui les fera grandir et s’ils ne sont pas encore un peu plus abîmés par la vie, ils grandiront bien.

Elles ne se remet pas de la mort de sa mère, sa vie de famille devient subitement chaotique, son père sombre de jour en jour et n’en voit pas le bout. Elle manque des cours, je la vois, on la voit, sa situation ne s’améliore pas. Y-arrivera-t-on un jour ?

Et Mehdi qui crie mon nom dans la rue alors que je montais dans mon bus un samedi, il voulait compléter son dossier d’appel. Je ne pouvais pas grand chose pour lui mais je lui ai dit « on verra ça lundi ». Connaissant les délais, j’ai culpabilisé longtemps. Got sei dank il est passé en appel.

Dans ce métier tout défile. Je vois le chef, le sous-chef, la secrétaire, le secrétaire, les collègues…Quand tout d’un coup tout s’arrête, le temps s’allonge, les difficultés, les angoisses…plus tard les idées, les solutions se mettent en place, je trouve ma place, chacun la sienne.

Quelle vie impose-t-on à ces jeunes ? Le travail et la discipline, certes mais aussi l’interrogation constante concernant leur avenir. Interrogation permanente source d’une angoisse continue.
Aider les jeunes à se sentir mieux, c’est pour moi aussi rigoler avec eux. Ce n’est pas sérieux me dira-t-on, ces remarques ne me détournent pas de mon chemin. Si des élèves me demandent de faire un rap pour eux, je ne sors pas ma casquette mais je prends la dernière circulaire que j’ai sous la main et pour rapper je fais de mon mieux. Franche rigolade, je promets de faire mieux la prochaine fois, ils me disent que je suis sur la bonne voie.

J’aimerais tant les comprendre pour ne pas passer à côté d’eux.
Certains passent à côté de moi sans même savoir qui je suis.

Il y a quarante ans que mon métier a considérablement et officiellement évolué mais dans la tête de la majorité le nouveau CPE est toujours l’ancien surgé.
Cette image collante dessert les élèves et leur famille et rend service aux plus faibles, aux plus démunis des adultes. Cette faiblesse ne m’intéresse pas. La faiblesse de l’élève, sa faille me posent un défi que je veux relever.

Je ne me souviens pas de ton prénom, je crois que tu t’appelais Dominique et je me souviens de ton cri déchirant dans le hall du collège ce mardi, encore un mardi.

Tu m’as touchée, je n’ai jamais su t’aider.

Et toi David que t-est-il arrivé ? Toute l’année je t’ai suivi, toute l’année on t’a suivi, tu as fini l’année à la maison. Qu’es-tu devenu jeune homme ?
De toute ma carrière, aujourd’hui longue de vingt ans, tu es celui qui m’a le plus marqué.

Karim, tu n’es pas le dernier dans ma mémoire, toi et tes camarades vous avez mangé des éponges en cours, le professeur en a été retourné, je suis allée dans votre salle, j’aurais aimé être à la hauteur de la situation, il me semble vous avoir dit »si vous buvez, vous allez gonfler » et je vous ai abandonnés.
Lassitude, incompétence, d’autres problèmes à régler, ma mémoire d’un coup me fait défaut…

Là-bas la vie était dure, Aouni, Saïd, Johnny, Ali vous m’avez donné une leçon de vie que je n’ai pas digéré sur le moment. Aujourd’hui je comprends mieux tout ça et le reste.
Dans votre immense cité…

+

Vivre

Je suis arrivée ici
Je suis nulle part en vérité
Je ne suis pas d’ici
Peut-être même pas encore née

Arrivée un jour à terme
pour m’accrocher à la terre ferme
Vivre enfin, vivre ma vie
Donner un sens à celle-ci

Finir avec l’étrangeté
Affirmer avec fermeté
Mon appartenance au genre humain
Et ne plus rien remettre à demain

Je veux être avec vous
Vous voir sans rendez-vous
Rechercher le bonheur
Ne plus vivre dans la douleur

La mer

De ses couleurs elle m’éblouit, je m’en réjouis
Elle ne m’appartient pas, elle est ma vie
Calme ou tempétueuse, elle embrasse le monde
Tous ces trésors qu’elle enfouit, que d’aucun ne la sonde !

Elle abrite tant de vies, des poissons qu’elle nourrit
Des oiseaux y plongent aussi jusqu’aux mouettes rieuses
Elle m’attire si souvent par sa voix mystérieuse
Humble je serai devant elle pour la vie !

Mer de tous les mondes, tu es notre maman
De chaque homme, de chaque femme tu restes le parent
Et pour tous les enfants tu demeures un jardin
Pas un homme sur la terre ne cherche ton parfum

Au matin

Au matin fatiguée je t’aperçois enfin
Soleil tu te lèves et m’attire à tes fins
Un sourire tu me tends, je réponds volontiers
Ta lumière vaut sûrement toutes les amitiés

Les enfants qui s’apprêtent te devinent à leur guise
Sur les chemins à leur tour ils viendront te sourire
Soleil tu te lèves pour les entendre rire
Et éblouir chacun pour qu’ils ne se déguisent

Si l’on peut t’oublier c’est toujours sans rancune
Qu’au matin tu reviens succédant à la lune
Le feu qui te fait force nous transmet l’énergie
On y puise chacun la source de nos vies